lundi 23 avril 2012

Sous hypnose...


LE CINQUIEME HIVER DU MAGNETISEUR


PAR
PER OLOV ENQUIST

Per Olov Enquist, un des monstres sacrés des lettres scandinaves a signé un de ses premiers romans en 1964. Cet écrivain, à l’enfance austère, élevé par une mère luthérienne et un père succombant trop tôt à la maladie nous dépeint ici une Europe du XVIIIème où des interrogations émergent suite aux publications érudites des « Lumières » et les progrès de la science et en particulier celle de la médecine.





Dans ce roman fort bien construit, il faut être attentif à chaque chapitre qui met en place une grande supercherie menée par un magnétiseur. Ce personnage s’inspire de magnétiseurs ayant existé aussi au siècle des Lumières, tel que «Franz-Anton Mesmer ».




Ici Meisner traverse des pays, s’installe dans des villes où personne ne le connaît pour s’adonner à son art : manipuler, séduire pour guérir des personnes bien crédules. Ses intentions réelles se révèlent chapitre après chapitre. Son pouvoir est tel que n’importe quel individu ayant besoin d’un soin, d’une réponse, amélioration de sa condition, succombe à son charme. Cependant même si certaines personnes semblent bien naïves, d’autres en revanche appartiennent à la classe des lettrés, des sceptiques. Il y rencontre donc une médecin Selinger qu’il prendra comme « contrôleur médicale », après avoir rendue la vue à sa fille pour exercer son art  dans la ville de Seefond. Ainsi Selinger nous délivre tout ce qu’il voit et entend ainsi que ses interrogations sur les réels pouvoirs de ce magnétiseur dans son journal.

Ce roman met en scène une vaste supercherie et suscite bien des interrogations sur la médecine occidentale et ces médecines parallèles et leurs limites. Ses réelles guérisons ou bien tours de passe-passes font penser à la vie même de Franz-Anton Mesmer dont les procédés décrits étaient semblables : utilisation d’un baquet, de la musique et de la baguette ou main du magnétiseur qui hypnotise son patient afin de le guérir.
 
 Ainsi cette histoire entre vérité et illusions nous fait découvrir une société dont les valeurs ne sont pas forcément ancrées dans un monde rationaliste mais peuvent effleurer l’irrationnel et la recherche d’une autre vérité sur soi , des causes de nos maladies au cours du Siècle des Lumières.


  Céline B.

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