jeudi 27 juin 2013

Le musée du silence


LE MUSEE DU SILENCE


YOKO OGAWA

Romancière japonaise ayant obtenu des prix littéraires lui permettant d’être une écrivaine des plus considérées aujourd’hui, évoque dans celui-ci paru en 2000, l’histoire d’une conception de musée : le musée du silence. 
Concevoir un musée nécessite une rigueur concernant le classement, l’archivage, la conservation etc… Dans ce roman un jeune muséologue entre en scène. Recrutée par une très vieille dame acariâtre, il devra la supporter dans un manoir qui servira de support pour ce musée. Cette vieille dame désireuse de créer ce musée du silence a depuis son enfance accumulé des objets ayant apartenus aux défunts du village. Cela devint une obsession chez elle puis  ensuite celle du muséologue. D’autres personnages interviennent comme le jardinier du manoir, la jeune fille adoptée de la vieille dame et un jeune prédicateur du monastère près du village.
Ce qui surprend dans ce roman ce sont les longues descriptions de ces objets, des émotions des personnages. Nous nous sentons enfermés dans un univers qui semble confiné. Ensuite les personnages n’ont pas de nom. Il semble que Yoko Ogawa ne donne jamais de noms à ses personnages. Les lieux sont aussi éponymes. Il n’y a que le musée : le musée du silence.
Ce que la vieille dame à l’intention de créer : (p16) « Ce que je vise, c’est un musée qui transcende l’existence humaine. On trouve la trace miraculeuse de la vie même dans un déchet sans aucun intérêt de légume pourri au fond d’une poubelle, c’est quelque chose qui enveloppe fondamentalement les richesses de ce monde… »
La raison qu’elle donne pour créer ce musée : (p45) « J’ai décidé, chaque fois que quelqu’un meurt au village, de me procurer l’objet qui caractérise au mieux cette personne.[…] Vous voyez, je cherche l’objet qui soit la preuve la plus vivante et la plus fidèle de l’existence physique de la personne. Ou alors, quelque chose empêchant éternellement l’accomplissement de la mort qui fait s’écrouler à la base cet empilement si précieux. »
Le lecteur est ainsi plongé dans cet univers d’accumulation d’objets étranges avec leur histoire. Dans le village, des gens meurent et le jeune muséologue doit subtiliser un objet du défunt qui le caractérise le mieux. Puis au deux tiers du roman, on ne sait pourquoi, des meurtres sont commis, puis attentats. Ces « incidents » n’apportent pas grand-chose au développement du roman et on reste sur sa fin.

  Céline B.

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