lundi 7 novembre 2011

José Carlos Somoza, "La Caverne des Idées"

José Carlos Somoza

La Caverne des Idées

Hiver 2007-2008. Je ne me souviens plus très bien. J’erre dans les rues de Nevers et entre dans une librairie. Une vraie librairie. Ici c’est « Le Cyprès ». Comme dans chaque « vraie librairie », je repère la collection « Babel » (de chez Actes Sud). Parfois ces livres sont mélangés aux autres collections de poche, mais j’apprécie particulièrement les libraires qui isolent la collection « Babel ». D’ailleurs il m’arrive de dire qu’un bon libraire possède une collection « Babel ». Elle est facilement reconnaissable avec ses tours sur la tranche.
Donc, j’entre, salue le ou la libraire, je ne me souviens pas et me pose devant le rayonnage étroit mais sur plusieurs étages de la dite collection, telle une tour…, la tour de Babel. Beaucoup de noms d’auteurs à consonance étrangère défilent devant mes yeux. Je ne sais pas quoi lire et ne sais pas trop quoi choisir. Donc je ne demande pas conseil au libraire déjà occupé. Je prends des livres au hasard des titres qui m’interpellent, mais c’est difficile de choisir. Maintenant, c’est-à-dire au moins vingt minutes plus tard, après avoir lu pas mal de quatrièmes de couverture, je me retrouve assise sur la moquette face aux deux dernières rangées. Et là, j’en suis à la lettre « S ». Je lis José Carlos Somoza,  La Caverne Des Idées . De suite je pense à mes premiers cours de philo avec Platon et donc « L’Allégorie de La Caverne ». Je sors le livre et découvre la couverture et son illustration.


 L’image est un détail d’un skyphos (vase à boire en forme de gobelet) créé par le peintre de Brygos (environ 470 av JC). Ce détail montre Achille allongé et détournant le regard. Sous le « lit » on découvre le cadavre d’un jeune homme assassiné. Mais ce que l’illustration ne montre pas c’est qu’à gauche d’Achille, le roi troyen Priam vient réclamer le corps de son fils, Hector, tué par Achille même pour ses funérailles.

Photo du skyphos montrant cette scène :


 
Evidement cette gravure est saisissante et nous amène à bien des questions et mystères entre la possibilité d’une référence à Platon et son allégorie et une histoire de meurtre, de pouvoir, douleur familiale.
Maintenant je retourne le livre pour lire la quatrième de couverture. Et là vous découvrez que c’est bien une histoire d’assassinat au temps de Platon dans les rues même d’Athènes. Mais cela ne s’arrête pas là puisque l’intrigue semble autant vous transporter dans l’antiquité grecque qu’à notre époque avec un traducteur qui découvre en même temps que le lecteur, l’histoire de ces crimes à travers un manuscrit.
Ainsi ce roman annonce un véritable coup de maître apportant une réflexion sur la fonction et la nature même de la littérature par rapport à la philosophie avec comme personnages principaux, le traducteur, le Déchiffreur d’énigme (détective à l’antique) et le philosophe platonicien.

  Céline B.

1 commentaire:

  1. Sans hésiter, je garde ce livre sous le coude pour l'été. En plus, c'est l'occasion de découvrir un auteur espagnol. La gravure donne vraiment envie de lire le texte, bravo à la maison d'édition, c'est très réussi.

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