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jeudi 25 février 2016

La vie privée d'un anti-héros

The Terrible Privacy of Maxwell Sim
La Vie très privée de MR Sim
Jonathan Coe


(Lu dans la langue originale)

Ce roman se présente comme un « road trip » dont le personnage est un homme divorcé qui vend des brosses à dent. Mr Sim est un anti-héros qui nous livre ses pensées et nous fait partager ses petites aventures du quotidien. Sa solitude lui pèse après que sa femme et fille aient mis les voiles. Il retourne voir son père à Sydney afin de renouer mais cela s'avère être un échec. Puis son retour en Angleterre l'amène à rencontrer des gens de son passé qui semblent détenir des petits secrets. Entre non-dits et ses souvenirs nous découvrons en fait le terrible secret de ce Maxwell Sim.

Son road-trip va l'amener à se découvrir, à sortir du déni grâce à un personnage bien singulier qui n'est autre que son GPS dont la voix féminine va l'ensorceler. Maxwell Sim va aussi s'identifier avec Donald Crowhurst, un navigateur connu pour avoir fait croire au monde entier qu'il faisait le tour du monde en donnant de fausses positions avant d'être découvert un jour mort suicidé.
 Ce parallèle entre la vie de ce navigateur perturbé et celle de Mr Sim contribue à un effet narratologique originale en proposant divers degrés de lecture. L'humour y est subtile et lié à ses maladresses et le quotidien de ce Maxwell Sim qui pourrait s'avérer ennuyant et tout à fait banal se révèle finalement riche au gré de tous ces petits drames. Un roman original, savamment construit et agréable à lire.


 Céline B.

mercredi 14 mai 2014

Expo 58 par Jonathan Coe



Expo 58

 Jonathan Coe

Lu dans la version originale.

Expo 58 fait référence à l’Exposition Universelle de Belgique en 1958, première exposition universelle après la seconde guerre mondiale. La Guerre Froide s’estompait et L’OTAN, L’ONU et la CEE venaient d’être créés.

C’était une époque où les avancées les travaux scientifiques et progrès technologiques promettaient de grands bouleversements à venir.

Ce roman dans lequel nous reconnaissons très bien la plume de J. Coe met en scène le personnage Thomas Foley, homme respectable marié et père d’une petite fille d’à peine un an, va nous plonger dans ce monde clos de cette exposition où dominent des constructions futuristes comme l’Atomium toujours visible aujourd’hui.

Thomas Foley, employé au Bureau d’Information, mène donc une vie sans histoire et va se voir confier une « mission », celle d’aller superviser le pub « Britannia » construit pour l’occasion sur le site de l’expo. Ainsi on lui demande de laisser sa femme et sa progéniture pendant six mois, sachant qu’un voisin célibataire aime se montrer très serviable envers sa femme.

Une fois en Belgique, thomas y rencontre des gens qui vont l’entraîner dans une histoire bien hilarante. Les hôtesses sur place ne manquent pas de charme, puis des hommes de différentes nationalités semblent jouer des rôles autres que ceux qui leur sont confiés. Par exemple un binôme qui nous rappelle les Dupont et Dupond, avec leur gabardine et chapeau très stéréotypés, mais aux répliques très affûtées et incisives va l’entraîner dans une histoire d’espionnage entre les acolytes américains et russes dont l’un est journaliste et tient la gazette, « Sputnik ».
De plus son compagnon de chambre, Tony est chargé de la surveillance de la réplique d’une machine à fusion nucléaire, ce qui ajoute du piment dans l’intrigue. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui manipule qui ? Tels sont les questions dont nous nous posons tout comme notre personnage Thomas Foley.

Entre farce politique aux dialogues jubilatoires et roman d’espionnage, Jonathan Coe nous plonge dans cette expo avec tout ce que cela implique par rapport à la réalité sociale, économique et politique de l’époque. Une réussite !



Voici une interview en anglais:



  Céline B.

lundi 27 janvier 2014

La pluie avant qu'elle tombe.



THE RAIN BEFORE IT FALLS

JONATHAN COE
(Lu dans la version originale)

Un des plus grands écrivains britanniques actuels, Jonathan Coe nous a habitués à des romans satiriques dans lesquels il excelle à transformer des petits détails du quotidien en des événements épiques.
Or ici il nous livre un roman beaucoup plus intime, plein de sensibilité où il évoque les femmes, les relations mères-filles et toutes leurs difficultés à se construire. L’histoire se déroule dans le Shropshire, vers Newport où l’auteur lui-même vécut son enfance et ainsi nous délivre des tableaux finement brossés de ses paysages typiques.


Très bien construit, l’intrigue nous plonge au sein d’une famille où Gill aux funérailles de sa tante découvre un bien curieux legs. Dans une enveloppe se trouvent des cassettes sur lesquelles sa tante Rosamund décrit vingt photos destinées à Imogen, une jeune fille aveugle. Il faut rechercher cette jeune fille mais Gill de peur de ne pas la retrouver écoute ses cassettes et c’est cette histoire de Rosamond, de sa famille que nous découvrons. Décrire une photo à une aveugle n’est pas simple mais le narrateur nous fait découvrir toutes les circonstances attenantes : la difficulté d’aimer et d’être aimé, les liens entre les membres de la famille, les anecdotes, la violence intrafamiliale et ainsi nous découvrons toutes les répercussions possibles sur les générations à venir.

Ces enregistrements concernant ces photos, nous aimerions tous en avoir pour connaître le passé de notre famille pour ainsi mieux comprendre notre place au sein d’elle. A la fois poignant et émouvant, Jonathan Coe nous tient en haleine jusqu’à la fin et cette histoire vous hantera longtemps.


  Céline B.

samedi 19 mai 2012

De la Vertu au Vice


LE MOINE
DE
MATTHEW GREGORY LEWIS

Matthew Gregory Lewis (1775-1818), romancier et dramaturge anglais publia ce roman gothique en 1796. C’est une succession de récits où se mêlent épouvante, surnaturel, macabre et érotisme mais dont des passages furent censurés et jamais réédités vu leur nature trop répréhensible à l’époque.
Cependant il inspira de nombreux auteurs tels que le Marquis de Sade, Coleridge, André Breton…

Ici le roman de chez Babel présente une couverture très évocatrice avec un détail d'un tableau de Pascal Dagnan Bouveret, Marguerite au Sabbath 1885 qui donne le ton au roman.
  
Matthew Grégory Lewis composa cette œuvre subversive en dix semaines dans le but de divertir sa mère. Le roman rencontra beaucoup de succès mais aussi des critiques acerbes concernant la moralité de celle-ci. Les thèmes développés tels que le viol, l’inceste, la barbarie, le crime et la magie noire évoquent bien ce nouveau genre qui se développait bien avec l'avènement des romanciers modernes de l'époque.
L’oeuvre s’inscrit bien dans la tradition des romans gothiques, qui au XVIIIème siècle, impliquait un personnage fragile (souvent féminin) dans une situation dangereuse. Elle évoluait dans un univers hostile, mystérieux et menaçant dont elle ne pouvait s’échapper. Elle était souvent prisonnière et ses bourreaux étaient souvent des personnes qui devaient la protéger (parents, famille…)  

 Le décor est bien planté avec la présence de l’église, caveaux, châteaux, forêts obscures, et scènes nocturnes. Les personnages tels que le démon, la femme fatale (Mathilde), le religieux (inquisition) et d’autres encore animent l’intrigue. Les situations aussi respectent le genre avec les scènes de tortures, d’érotisme macabre et celles de magie noire.

Le personnage central, Ambrosio, prêtre de trente ans, élevé dans le monastère depuis sa plus tendre enfance va subitement être mis à l’épreuve de la tentation et du vice dans toutes ses facettes. Lui qui est adulé partout dans Madrid et qui est reconnu pour ne jamais avoir transgresser aucune règle du monastère va sombrer dans le péché et vices les plus abjectes qui soient et sera emporté par le démon. 







 Un autre personnage Agnès, forcée à prendre le voile se retrouve prisonnière dans un couvent malgré les plans stratégiques de son amant. Dans ce récit, la légende de la nonne sanglante est empruntée à la culture germanique, ce qui apporte une dimension pleine d'effroi dans l'histoire de ce couple.




La fluidité de l’écriture rend le roman agréable à lire. L’effroi qui put émouvoir à l’époque sera différend à notre époque avec toute cette nouvelle littérature noire et les thrillers qui entassent certains rayonnages. Cependant dans cette lecture on peut comprendre ce qui pouvait gêner la morale à l’époque voire même dans le milieu politique.

Certains pourront voir aussi une atmosphère misogyne dans la manière dont sont dépeintes les femmes, que ce soit dans leur nature ou leur évolution dans le récit.

Un roman que beaucoup ont lu mais à découvrir si ce n’est pas fait.    


  Céline B.

mercredi 25 janvier 2012

From Poe to Blake on piano or guitar...

IMMORTAL POETS

Here are some excerpts of their poems and discover the reason why I evoke them at the bottom of the article.

Do not Go Gentle Into Good Night by Dylan Thomas

"Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night."







Epitaph by HENRY DAVID THOREAU (1817-1862) 
"Here lies the body of this world,
Whose soul alas to hell is hurled.
This golden youth long since was past,
Its silver manhood went as fast,
An iron age drew on at last;
'Tis vain its character to tell,
The several fates which it befell,
What year it died, when 'twill arise,
We only know that here it lies."







Annabel Lee by EDGAR ALLAN POE (1809-1849)
"For the moon never beams without bringing me dreams
Of the beautiful Annabel Lee;
And the stars never rise but I feel the bright eyes
Of the beautiful Annabel Lee;
And so, all the night-tide, I lie down by the side
Of my darling- my darling- my life and my bride,
In the sepulchre there by the sea,
In her tomb by the sounding sea."







She walks in Beauty by LORD BYRON (1788-1824)

"One shade the more, one ray the less,
Had half impaired the nameless grace
Which waves in every raven tress,
Or softly lightens o’er her face;
Where thoughts serenely sweet express,
How pure, how dear their dwelling-place."







London by WILLIAM BLAKE (1757-1827)

" I wander thro' each charter'd street,
Near where the charter'd Thames does flow,
And mark in every face I meet
Marks of weakness, marks of woe."









ERIK QUISLING

Author and musician, Erik picked these magic verses composed by these immortals to write and play the music which suit them brilliantly. This set of songs can be downloaded for free here: Immortal Poets
1.    The Immortal Poets (Prologue / Instrumental)
2.    Do Not Go Gentle Into that Good Night by Dylan Thomas (1914-1953)
3.    Epitaph On The World by Henry David Thoreau (1817-1862)
4.    Annabel Lee by Edgar Allan Poe (1809-1849)
5.    She Walks in Beauty by Lord Byron (1788-1824)
6.    London by William Blake (1757-1827)
7.    Stopping by Woods on a Snowy Evening by Robert Frost (1874-1963)
8.    Alone by Edgar Allan Poe (1809-1849)
9.    The Rainy Day by Henry Wadsworth Longfellow (1807-1882)

Some critics said:
 "Magnificent. A singular work of music."
- Melody Times Reviews

 Céline B.

mercredi 23 novembre 2011

DOUBLE FALSEHOOD or CARDENIO

Shakespeare is back...

For those who have missed it...
In 1727, Lewis Theobald produced a play called Cardenio (Double Falsehood). He claimed that Cardenio was based on three manuscripts of an unnamed lost play written by Shakespeare and Fletcher. 







Some years before, it was the publisher Humphrey Moseley who was the first to link The HIstory of Cardenio with Shakespeare and recorded it as such.







Cardenio is an episode in Don Quixote and Theobald changed the characters' names. The play was performed the very first time on December 13th, 1727 at The Theater Royal, Drurt Lane and published in 1728. The last occurrence of the play could date from 1793.


 Then it had been forgotten for years and decades until Arden edited a new version of it in 2010. The following year it was performed in Stratford-Upon-Avon for the first time in April by the "RSC".


Click on the link to read the article from The Guardian and still from The Guardian another debating article.


dimanche 20 novembre 2011

HELEN OYEYEMI et Le roman gothique

 
Aux Littératures européennes de Cognac 2011, une jeune écrivaine talentueuse née au Nigéria et ayant vécu toute sa jeunesse à Londres présente son nouveau roman de genre gothique: Le Blanc Va Aux Sorcières
Elle a donné une interview au journal La Charente Libre:
 http://www.charentelibre.fr/2011/11/19/la-litterature-gothique-d-une-jeune-anglaise,1065695.php

mercredi 16 novembre 2011