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mardi 1 mars 2016

Du burn-out suicidaire au burn-out serial killer.


Travailler Tue

Yvan Robin
Éditions Lajouanie


Voici le deuxième roman coup de poing que je viens de lire cet hiver sur fond de réalisme social décapant. De White Trash de John King, romancier anglais à Travailler Tue d'Yvan Robin, il n'y a qu'une marche. Une marche de la descente vers les enfers ou celle qui vous fait grimper jusqu'au burn-out. Ces deux marches semblent pourtant être sur le même pallier.

Travailler Tue en ce début 2016 résonne en bien des points dans notre actualité au niveau social, économique et politique. C'est pourtant une fiction pure sans allusion directe avec notre actualité, mais nous ne pouvons nous empêcher de tracer des lignes parallèles avec celle-ci.
Ici Yvan Robin plante le décor dans des chantiers de travaux publics avec ses incidents, accidents réalistes et toutes les procédures sombres qui en découlent pour sauver les intérêts des financiers, managers etc... Ici notre protagoniste, Hubert Garden, Inspecteur Général de Sécurité au service Prévention des Risques de l'entreprise V2V va se retrouver dans la dure tâche d'effacer les empreintes, traces d'un tragique accident de chantier. Ses compétences, sa conscience professionnelle vont l'amener sur le chemin de l'irréparable en désignant des responsables de certains dysfonctionnement pour ensuite se venger sur eux. De l'employé exemplaire, consciencieux, méticuleux surgit une part sombre, latente qui s'est nourrit de toutes les blessures de son enfance, puis celles de son adolescence et enfin des choix par défaut faits pour construire sa vie d'adulte.
Hubert Garden est aussi un homme marié. Sa femme infirmière dans un service de gérontologie semble aussi arriver à la limite du supportable. Son envie d'enfant qui se traduit en une série d'avortements successifs qu'elle assume de manière morbide dresse un parallèle avec le cheminement que va prendre son mari.
Dans ce roman oppressant, difficile de prendre une bonne bouffée d'air entre la caravane, habitation provisoire du couple, les bureaux de l'entreprise, la chambre du patient retord et l'esprit obscurci d'Hubert. Pourtant sa femme entretien un jardin potager pour se préserver de la folie, se préserver un petit coin de paradis qui trouve aussi une résonance dans le nom marital de son mari, « Garden ». Mais l'état d'esprit d'Hubert est loin de respirer le paradis. Partout où il avancera, il sèmera la mort et y prendra plaisir.

Cette fiction pleine de noirceur et de suspense ne fait que refléter des questions sociétales, les dysfonctionnements des grosses entreprises, les prises de risque à tous niveaux et les engrenages dans lesquels les employés se font broyer. Toutes ces évocations transparaissent au fur et à mesure qu'Hubert évolue sans pour autant critiquer de manière directe ces maux qui émergent de nos institutions et de notre système capitaliste.
Du réalisme social à fleur de peau !

Céline B.

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